Membres du bureau exécutif et bénévoles de l association Les Amis de la Tour de la Roche

Fondation et Déclaration au Journal Officiel

L'association Les Amis de la Tour de la Roche (communément désignée sous l'acronyme ACCA) est née d'un sursaut civique et patrimonial au début de la décennie 2020. Constatant l'aggravation accélérée des dégradations affectant les vestiges du château perché sur l'éperon rocheux de La Roche-des-Arnauds, un groupe de riverains, d'historiens locaux, d'artisans du bâtiment et d'amoureux de la vallée du Buëch a décidé de s'unir pour fonder une structure pérenne, légalement reconnue et entièrement vouée à l'intérêt général.

L'association a été formellement constituée lors de son assemblée générale fondatrice réunie en mairie de La Roche-des-Arnauds. La déclaration officielle auprès des services préfectoraux des Hautes-Alpes a été enregistrée au Répertoire National des Associations sous le numéro RNA : W052007599, avec une parution fondatrice au Journal Officiel de la République Française le 16 Janvier 2021 (annonce n° 1428). L'organisme s'est également vu attribuer le numéro SIREN : 893013037, conférant à la structure la pleine capacité juridique d'agir auprès des collectivités territoriales, des services de l'État et des institutions de préservation des monuments historiques.

Régie par les dispositions de la loi fondamentale du 1er juillet 1901 et du décret d'application du 16 août 1901, notre association affirme un statut 100% non lucratif, laïque et apolitique. L'intégralité des cotisations et adhésions est intégralement réinvestie dans les missions d'intérêt général de l'association. Les administrateurs exercent leur mandat à titre strictement bénévole et désintéressé, sans la moindre indemnité ni rémunération directe ou indirecte.

Histoire et Origines de la Forteresse Médiévale

Pour comprendre la flamme qui anime nos bénévoles, il convient de replacer la Tour de la Roche dans la longue trajectoire historique des confins haut-alpins. Dressée à près de mille mètres d'altitude au débouché de la trouée de Gap vers la vallée du petit Buëch, la butte calcaire de La Roche-des-Arnauds a très tôt revêtu un rôle militaire et stratégique d'importance majeure. Dès le haut Moyen Âge, un premier point d'observation en bois et terre y surveillait les passages caravaniers et prévenait les incursions hostiles.

C'est au cours du douzième siècle que la puissante lignée seigneuriale des Arnauds, vassale des comtes de Forcalquier puis des dauphins de Viennois, fit ériger la forteresse de pierre que nous contemplons encore aujourd'hui. L'ensemble fortifié comprenait un donjon quadrangulaire roman à parois épaisses, une cour haute entourée de courtines crénelées, des logis seigneuriaux adossés au rempart et une citerne taillée à même le roc pour recueillir les précieuses eaux pluviales en cas de siège prolongé.

Au fil des siècles, le château traversa les soubresauts de l'histoire régionale : les conflits territoriaux delphino-provençaux, le rattachement solennel du Dauphiné au royaume de France lors du traité de Romans en 1349, et enfin les dévastations des guerres de religion qui ensanglantèrent les vallées alpines à la fin du seizième siècle. À l'issue de ces affrontements, la forteresse militaire fut progressivement délaissée par ses maîtres au profit d'habitations de plaine plus confortables, entamant une longue période de sommeil minéral. Les pierres de parement servirent hélas parfois de carrière opportuniste pour les constructions villageoises, tandis que les intempéries montagnardes s'acharnaient sur les mortiers dénudés.

La Renaissance Patrimoniale : Une Mobilisation sans Précédent

Face au spectre d'un effondrement irréversible qui aurait anéanti ce témoin capital de notre passé haut-alpin, l'association Les Amis de la Tour de la Roche a impulsé une dynamique de reconquête patrimoniale rigoureuse. Loin des reconstructions fantaisistes ou des projets touristiques commerciaux dénaturants, notre action se fonde sur une déontologie scrupuleuse : consolider l'existant, purger les désordres dangereux, restaurer à l'identique avec des liants traditionnels et valoriser les ruines en tant que sanctuaire de mémoire et de contemplation paysagère.

En cinq années d'existence active, l'association est passée d'un noyau d'une quinzaine d'enthousiastes à une communauté soudée de plus de cent vingt adhérents cotisants. Les chantiers de bénévoles organisés de façon saisonnière ont permis de mobiliser des milliers d'heures de travail citoyen, d'évacuer des dizaines de tonnes de gravats encombrant les bases du donjon et de stabiliser les points de faiblesse structurelle les plus critiques.

Le Bureau Exécutif et la Gouvernance Démocratique

L'association est administrée par un conseil d'administration composé de neuf membres élus démocratiquement en assemblée générale ordinaire pour un mandat de trois ans renouvelable. Le conseil élit en son sein un bureau exécutif chargé de la mise en œuvre quotidienne des orientations stratégiques et du contrôle strict de la gestion financière. Voici les profils des trois dirigeants actuels :

Président : Jean-Pierre Arnaud

Formation & Parcours : Ancien enseignant en histoire régionale et passionné d'archéologie alpine, Jean-Pierre réside à La Roche-des-Arnauds depuis plus de quarante ans. Auteur de plusieurs monographies historiques sur le Buëch médiéval, il préside l'association depuis sa fondation avec une énergie inaltérable.

Rôle au sein de l'ACCA : Direction stratégique, relations institutionnelles avec la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC), coordination du comité scientifique et représentation publique de l'organisme.

Trésorière : Marie-Hélène Blanc

Formation & Parcours : Comptable de formation issue du secteur associatif et de l'économie sociale et solidaire, Marie-Hélène veille à la rigueur exemplaire de la comptabilité générale et analytique de l'association.

Rôle au sein de l'ACCA : Tenue des registres financiers, élaboration des budgets prévisionnels de chantier, instruction des dossiers de subvention publique, justification certifiée des dépenses et garantie du réinvestissement à 100% des cotisations.

Secrétaire Général : François Meynier

Formation & Parcours : Ingénieur civil à la retraite spécialisé dans les structures géotechniques et la sécurisation des versants de montagne, François apporte une expertise technique irremplaçable à nos chantiers.

Rôle au sein de l'ACCA : Rédaction des procès-verbaux d'assemblée générale, gestion des adhésions, planification logistique des chantiers de bénévoles, respect des protocoles de sécurité corporelle et tenue des archives administratives.

Les Trésors Archéologiques Révélés par les Archives Départementales

Parallèlement aux campagnes manuelles sur l'éperon calcaire, notre commission historique a entrepris un dépouillement exhaustif des fonds documentaires conservés aux Archives Départementales des Hautes-Alpes à Gap, ainsi qu'aux Archives Départementales de l'Isère à Grenoble (dépositaire des archives historiques de la Chambre des comptes de Dauphiné). Ce travail minutieux de paléographie a permis de mettre au jour plusieurs chartes d'inféodation inédites datées des treizième et quatorzième siècles.

Ces manuscrits anciens apportent des éclairages capitaux sur l'organisation sociale et économique du castrum médiéval. L'on y apprend que la forteresse abritait non seulement la garnison seigneuriale des Arnauds, mais servait également de lieu de refuge fortifié (castrum de refugio) pour l'ensemble des manants et laboureurs de la paroisse lors des incursions de compagnies de routiers pendant la guerre de Cent Ans. L'existence d'un moulin banal hydraulique au pied de la gorge et d'un four à pain seigneurial est également attestée, prouvant que le site constituait le cœur battant de la vie communautaire de notre commune.

La découverte d'un inventaire après décès dressé en 1542 a également permis de restituer l'agencement intérieur des logis aujourd'hui disparus : une grande salle d'apparat (aula) chauffée par une vaste cheminée de tuf calcaire, une chambre haute avec garde-robe, un cellier voûté et une chapelle castrale consacrée sous le vocable de Saint-Michel, protecteur des lieux d'altitude. Ces données historiques irremplaçables guident désormais chaque intervention de nos bénévoles sur le terrain, écartant toute interprétation erronée lors de la réhabilitation des vestiges.

Organisation des Commissions Thématiques et Démocratie Participative

Pour garantir une efficacité maximale et permettre à chaque adhérent d'exprimer ses talents, l'association Les Amis de la Tour de la Roche s'organise en cinq commissions de travail permanentes, coordonnées par le conseil d'administration :

1. La Commission Chantiers & Sécurité : Chargée de l'encadrement technique des travaux, du choix des matériaux traditionnels, du respect scrupuleux des normes de protection individuelle et du suivi des protocoles de consolidation en lien avec les architectes conseils.

2. La Commission Recherche & Histoire : Dédiée au dépouillement des archives, à la collecte de la mémoire orale, à la documentation photographique ancienne et à la rédaction des publications scientifiques de l'association.

3. La Commission Médiation Pédagogique : Responsable de la conception des ateliers scolaires, de l'animation des visites didactiques, des relations avec les écoles et de la création des supports d'interprétation pour le jeune public.

4. La Commission Biodiversité & Sentiers : Consacrée à la préservation de la faune et de la flore montagnarde, au débroussaillage écologique, à l'entretien doux des sentiers pédestres et aux relations avec les conservatoires d'espaces naturels.

5. La Commission Communication & Événements : En charge de la tenue de notre portail d'information, des relations avec la presse locale, de l'organisation des conférences publiques et de la tenue des stands associatifs lors des forums communaux.

Charte Éthique et Valeurs Fondatrices

L'adhésion aux Amis de la Tour de la Roche implique l'adhésion pleine et entière à notre charte de valeurs républicaines et humanistes. Nous affirmons que le patrimoine historique appartient indivisiblement à tous les citoyens : il ne saurait faire l'objet d'une appropriation privée, d'une exploitation mercantile abusive ou d'une confiscation élitiste.

Nos chantiers sont des espaces de convivialité, d'apprentissage mutuel et d'accueil bienveillant de toutes les diversités. Que l'on vienne pour une journée ou pour l'année entière, chaque bénévole trouve sa juste place au sein d'une équipe attentive où la bienveillance, la sécurité et la joie du partage constituent le socle de toute action pérenne.